
La maison de Neruda à Isla Negra
Jeudi, alors que je suis avec les secondes depuis 20 minutes, se met à retentir l'alarme d'évacuation, nous sortons donc et là c'est le chaos total pendant une heure, personne ne sait vraiment ce qu'il se passe, on nous fait aller d'un endroit à l'autre du lycée sans raison... Finalement on apprend qu'il y a eu un tremblement de terre au sud de Santiago (d'où les secousses ressenties) et que maintenant il y a un risque de tsunami! Heureusement le lycée est en hauteur et nous ne craignons rien. Au bout d'une heure, le directeur fait finalement une annonce dans laquelle il informe les élèves que si leurs parents viennent les chercher ils peuvent y aller ou qu'ils peuvent bien sûr leurs téléphoner mais qu'il faut retourner en classe. Comment voulez-vous faire classe après une telle pagaille sachant que les ados ont l'approbation du directeur pour téléphoner? Après le cours je décide de rester manger à la cantine puisqu'avec l'alerte tsunami il m'est juste impossible de rentrer chez moi car le bus longe la mer pendant plusieurs km. Finalement, l'alerte tsunami passe et je met 2h pour rentrer chez moi.
Le vendredi, l'atmosphère est électrique au lycée et je dois faire beaucoup de discipline pendant le cours des 4emes. A la fin de la deuxième heure je sens que je n'en peux plus moi aussi. Arrive la récréation et je me dirige vers le bureau de la principale pour lui dire que ce travail est un peu dur pour moi car je n'ai reçu aucune formation pour le faire et que ça ne se passe pas très bien avec les secondes mais j'éclate en sanglots au moment même où j'essaie de lui expliquer ce qui ne va pas. Je pense qu'en réalité beaucoup d'évènements un peu stressants se sont accumulés mais comme je suis une femme forte patati patata j'ai tout gardé en moi et là tout a explosé, c'était trop. Je me suis donc rendue à l'infirmerie et ai parlé avec la psychologue de l'école. Je pense que j'ai été plus touchée par le tremblement de terre et toutes les répliques que j'ai bien voulu me l'avouer. En plus, alors que je pensais que le pire était passé, l'alerte tsunami de la veille m'a enseigné que l'on était jamais à l'abri de quoi que se soit. Ajoutons à cela la prise en charge de cinq classes de la 5ème à la 2nde, chose à la quelle je ne suis pas du tout formée, avec des adolescents ultra bourges, sachant parfaitement que se sont des clients pour le lycée qui a besoin du support financier de leurs parents pour exister. Et me voilà en train de pleurer à cause de toutes ces choses que je n'arrive pas à maîtriser. Finalement, le directeur vient et me permet de rentrer chez moi pour me reposer. Le vendredi soir, Félix et moi allons dans un restaurant français appelé le filou de Montpellier avec au menu camembert au four, porc aux myrtilles et crème brulée, mhhhh ça fait plaisir!
Samedi, nous partons toute la journée à Isla Negra où se trouve la maison que Neruda préférait. C'est une très jolie maison au bord de la mer rempli d'innombrables souvenirs apportés des quatre coins de la planète par le poète. Nous nous recueillons devant sa tombe qu'il partage avec sa troisième femme Mathilde et finissons par nous reposer sur la plage à 30cm d'une statue du fameux poète gravée dans la roche. Journée très tranquille pour me remettre de mes émotions et me préparer à entamer le plus sereinement possible la semaine au lycée français.
Plein de courage, beaucoup de monde te lit et t'admire. Tu es une jeune femme très courageuse.
RépondreSupprimerCourage ! Ne baisse pas les bras et ne te laisse pas faire par les petits péteux, au final c'est toi qui met les notes, a bon entendeur...
RépondreSupprimerSinon tu peux compter sur Loup qui, telle le Lafayette des temps moderne, se pointera avec un gros bateau pour bombarder ton lycée le WE.
RépondreSupprimerBon je m'enflamme un peu peut être.
Mais je trouve quand même assez dérisoire de craquer après seulement des tremblements de terres, des risques de tsunamis, de la colocation pas toujours aisé, avoir fait tes premiers pas de profs (et avec des ado encore)... Le tout dans un pays qui, aussi sympa qu'il soit, n'est pas le tien et demeure loin de ta famille et d'une bonne partie de tes amis. Tu mériterais presque une médaille (mais t'en aura pas parce que vous voulez pas me ramener de pingouin ! :^p )
Gros Bisoux a vous deux.
Merci pour votre soutien!
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